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Tuesday, March 31, 2009

Crise au Darfour: le sang, la faim et le pétrole

Mohamed Hassan

Interview : Grégoire Lalieu et Michel Collon

Le premier génocide du 21ème siècle est-il en train de se dérouler au Darfour? Cette province du Soudan est le théâtre d’un conflit qui sensibilise l’opinion internationale. Comme pour toute lutte sur le sol africain, les mêmes images de misère nous parviennent : des hommes se déchirent, des enfants pleurent et le sang coule. L’Afrique est pourtant le plus riche continent du monde. Dans ce nouveau chapitre de notre série « comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan nous dévoile les origines du paradoxe africain et nous rappelle que si le Soudan abrite différentes ethnies et religions, il regorge surtout de pétrole.

Quelles sont les origines de la crise du Darfour? L’acteur américain Georges Clooney fait partie de l’association «Save Darfur» et dénonce le massacre d’Africains par des milices arabes. Par contre, le philosophe Bernard-Henry Levy qui tente lui aussi de mobiliser l’opinion internationale affirme qu’il s’agit d’un conflit entre islam radical et islam modéré. La crise du Darfour est-elle ethnique ou religieuse?
afriquemh

Vaste région d'Afrique riche en ressources qui aurait pu être unie et développée
Les gens qui prétendent que la crise du Darfour vient d’un problème ethnique ou religieux n’ont pas une très bonne connaissance de cette région. Cette guerre est en fait économique. Les puissances coloniales d’hier et les puissances impérialistes d’aujourd’hui sont responsables des malheurs de l’Afrique. Toute cette région, partant du Soudan jusqu’au Sénégal, partageait par le passé les mêmes origines culturelles et regorgeait de richesses. Elle aurait pu être unie et développée si le colonialisme au 19ème siècle n’était pas venu créer des frontières factices au sein de cette zone. Je dis que ces frontières sont factices car elles ont été créées selon les rapports de force entre les puissances coloniales, sans tenir compte de la réalité du terrain et encore moins des désirs du peuple africain. Au Soudan, ce sont les colons britanniques qui, en appliquant la politique du «diviser pour régner», ont jeté les bases des conflits qui déchireront le pays.


Le Soudan était une colonie britannique. Quel intérêt avait la Grande-Bretagne dans ce pays ?
Au 19ème siècle, la compétition faisait rage en Europe. Pour pouvoir lutter dans cette course à l’hégémonie, les puissances européennes avaient besoin de ressources humaines, financières et matérielles. L’expansion du colonialisme va leur permettre d’obtenir ces ressources. La Grande-Bretagne jusqu’ici comptait sur sa colonie adorée, l’Inde, mais une situation particulière va l’amener à s’investir en Afrique : en 1805, Mohamed Ali, gouverneur de l’empire ottoman, entreprit de faire de l’Egypte un Etat moderne dont les frontières ne cessaient de s’étendre, gagnant les côtes somaliennes et englobant le Soudan. Le degré de développement atteint par celui qu’on considère aujourd’hui comme le père de l’Egypte moderne inquiéta sérieusement la Grande-Bretagne qui voyait naître un nouveau concurrent. L’Empire Britannique envahit donc l’Egypte pour en faire une colonie. Par extension, le Soudan devint une colonie anglo-égyptienne en 1898.

Quelles furent les conséquences de la colonisation britannique au Soudan?

Comme pour toute colonie africaine, la Grande-Bretagne appliqua la politique du «diviser pour régner». Le Soudan fut donc séparé en deux parties : dans le Nord, on garda l’arabe comme langue officielle et l’islam fut maintenu ; dans le Sud par contre, l’anglais fut imposé et des missionnaires convertirent la population au protestantisme. Aucun échange ne devait se faire entre les deux régions nouvellement créées. Les Britanniques firent même venir des minorités grecques et arméniennes pour créer une zone tampon entre le Nord et le Sud!
Par ailleurs, la Grande-Bretagne instaura un système économique moderne au Soudan, que nous pourrions appeler capitalisme. Deux lignes de chemin de fer furent créées. La première reliait la colonie à l’Egypte; la seconde partait de Khartoum pour rejoindre Port-Soudan sur la côte de la mer rouge. Cette dernière ligne était véritablement l’axe de pillage du Soudan. C’est par elle que toutes les richesses quittaient le pays pour rejoindre la Grande-Bretagne ou pour se vendre sur le marché international. En vertu du choix des Britanniques, Khartoum devint une ville très dynamique sur le plan économique et une bourgeoisie centrale en émergea. La division opérée par la Grande-Bretagne entre le Nord et le Sud ainsi que le choix de Khartoum comme centre de l’activité coloniale vont avoir un impact désastreux sur l’histoire du Soudan. Ces deux éléments vont conduire le pays à sa première guerre civile.


Quels seront les raisons de cette première guerre civile?

Lorsque le Soudan accède à son indépendance en 1956, il n’y a toujours pas de relations entre les deux parties du pays. Le Nord est musulman, se réclame d’être arabe et a tiré bénéfice de l’activité économique durant la colonisation britannique de telle sorte que le pouvoir et les richesses se sont centralisés autour de Khartoum. Le Sud en revanche est protestant et se présente comme une communauté africaine traditionnelle. Il va réclamer un partage équitable des richesses tout au long de cette première guerre civile qui durera jusqu’en 1972. A cette date, un accord de paix est conclu et transforme le Soudan en Etat fédéral.
Mais la paix ne sera que de courte durée. Vers la fin des années 70, la compagnie pétrolière américaine Chevron découvre d’importants gisements de pétrole au Soudan. Le président de l’époque, Numeiri, va alors vouloir changer les frontières de l’Etat fédéral pour permettre à l’autorité centrale de contrôler les richesses pétrolières. Cette violation de l’accord de paix va relancer la guerre entre le Nord et le Sud du pays en 1980. Cette guerre va durer plus de 25 ans.


Le Soudan abrite la province du Darfour à l'Ouest et est traversé par le Nil

Le Soudan abrite la province du Darfour à l'Ouest et est traversé par le Nil
En un peu plus de 50 ans, le Soudan a donc connu deux guerres civiles. Et aujourd’hui, la crise du Darfour embrase l’Ouest du pays. La situation ethnique semble tout de même explosive au Soudan. On comprend mieux pourquoi certains médias parlent de poudrière lorsqu’ils font référence à ce pays.
Il n’en est rien. La plupart des ethnies qui vivent au Nord du pays sont musulmanes, ressemblent physiquement à des Egyptiens et si beaucoup possèdent leur propre dialecte, toutes parlent l’arabe comme langue officielle. Les communautés du Sud sont plus typiques de la région du Nil. Leur peau est plus sombre et les religions dominantes sont le christianisme et l’animisme. Mais les guerres civiles qui ont opposé ces deux parties du pays n’étaient ni ethniques ni religieuses. Elles portaient en fait sur une répartition équitable des richesses.
Observons la situation du Darfour maintenant. Il s’agit d’une région melting-pot où des tribus nomades musulmanes et arabophones, telles que les Janjawids ou les Takawas, côtoient des fermiers sédentaires. Par temps de forte sécheresse, ces tribus nomades migrent vers les installations des fermiers sédentaires et des combats éclatent. L’idée que des Africains se font massacrer par des Arabes est construite sur l’observation erronée que les Janjawids sont arabes. Mais si cette tribu revendique d’hypothétiques origines arabes, vous ne voyez, en réalité, rien chez eux de ce que nous connaissons des Arabes aujourd’hui.
Il y a un autre élément important de cette crise dont on parle très peu : les intérêts de la bourgeoisie régionale. Avec la découverte du pétrole, la mondialisation et le développement du réseau d’informations, tout le monde veut sa part du gâteau. A l’instar des élites du Sud, la bourgeoisie du Darfour réclame aujourd’hui un partage des richesses face à un gouvernement central qui monopolise le pouvoir et les ressources. Ce qui est spécifique à la crise du Darfour, c’est que ces contradictions ont été amplifiées et politisées à cause de l’engagement de la Chine au Soudan.


Quel est le rôle de la Chine au Soudan?

Après avoir découvert d’importants gisements pétroliers, Chevron a dû quitter le Soudan pour deux raisons. Premièrement, le pays était redevenu instable à cause de la seconde guerre civile. Deuxièmement, si les Etats-Unis avaient jusqu’ici entretenu d’excellentes relations avec le Soudan, le nouveau régime islamiste mis en place par Omar al-Bachir en 1989 lui était carrément hostile. Le pétrole soudanais échappait donc aux intérêts américains. La Chine est alors venue vers le Soudan avec le message suivant : « Je vais vous acheter vos matières premières aux prix en vigueur sur le marché international ». Cette situation présente un avantage comparatif à la fois pour la Chine et le Soudan. La première peut disposer des ressources dont elle a besoin pour son développement tandis que le second n'est plus obligé d'emprunter de l'argent aux institutions internationales. Mais cette implication chinoise en Afrique est une première historique. C’est ce qui effraie les impérialistes européens et américains.


Qu’entendez-vous par avantage comparatif ?

David Ricardo, le plus important des économistes bourgeois après Adam Smith, a développé la théorie de ce qu’il appelle l’avantage comparatif. Ce concept a été appliqué par le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale dans les pays du Tiers-Monde durant les cinquante dernières années. Imaginons que je sois un pays qui produit des bananes. Le FMI vient me trouver et dit : « Vous produisez des bananes, vous avez une certaine connaissance sur ce sujet et vous avez développé des ressources humaines autour de cela : vous êtes spécialisé! Au plus vous serez spécialisé dans les bananes, au plus vous réduirez vos coûts de production, au plus vous serez efficace. Si vous suivez cette méthode, vous aurez un avantage comparatif sur le marché et votre pays se développera. ». J’augmente donc ma production de bananes mais mon voisin fait la même chose. Le résultat, c’est qu’il y a trop de bananes sur le marché! Le consommateur ne va pas en manger nuit et jour. Par conséquent, les prix s’effondrent. Voilà la méthode d’un docteur ayant un tas de patients et prescrivant le même médicament à tout le monde, quelque soit leur maladie.
Nous devons maintenant considérer ceci : quand l’URSS et le bloc de l’Est se sont effondrés en 1990, l’impérialisme occidental pensait pouvoir dominer le monde entier. Mais la Chine a commencé à devenir plus forte économiquement. Aujourd’hui, elle a besoin de tout, des bananes aux cacahuètes en passant par le pétrole et les métaux. Ce nouveau géant vient donc à la rencontre des pays riches en ressources avec la volonté d’acheter leurs matières premières aux prix du marché. Evidemment, tous les pays africains qui regorgent d’abondantes ressources vont se tourner vers la Chine. N’importe quel businessman voulant maximiser ses profits le ferait! Le capitalisme s’est déplacé en Asie et l’Afrique doit s’adapter à cette nouvelle situation.


L’Afrique a toujours été la chasse gardée de l’Occident. C’est un grand changement.
Et c’est le cœur du problème. L’Occident a une position très ambiguë sur ce sujet. D’un côté, il tire énormément de profits de son partenariat économique avec la Chine. De l’autre côté, il n’accepte pas que l’Afrique traite avec le géant asiatique. En effet, les puissances impérialistes ne veulent pas perdre leur domination sur le riche continent africain. Face à ce dilemme, l’Occident a une attitude totalement honteuse : plutôt que d’affronter ouvertement la Chine, il exerce des pressions sur les gouvernements africains qui ont échappé à son contrôle et exploite les crises humanitaires pour ses propres intérêts.


Comment l’Occident tente-t-il d’empêcher le Soudan de commercer avec la Chine?

En cherchant à déstabiliser le régime. Et pour ce faire, il applique la règle d’or du colonialisme : «diviser pour régner». Durant la deuxième guerre civile, les Etats-Unis ont financièrement soutenu l’Armée Populaire de Libération du Soudan, un mouvement rebelle du Sud. Comme ce mouvement recevait de l’argent et des armes et que le gouvernement avait pour sa part modernisé son armée grâce aux rentrées pétrolières, le conflit dura plus de vingt années pour finalement prendre fin en 2005. La deuxième guerre civile se terminait à peine que débutait la crise du Darfour.
Il est vrai que les contradictions entre les tribus nomades et les fermiers sédentaires d’une part, et la bourgeoisie régionale et l’autorité centrale d’autre part, conduisent à des affrontements meurtriers au Darfour. Il est vrai aussi que sur ce problème, le gouvernement soudanais a adopté une attitude militariste plutôt que de privilégier la voie du dialogue. Mais les puissances impérialistes amplifient le problème afin de mobiliser l’opinion internationale et déstabiliser le régime soudanais. Vous devez comprendre que si demain, Khartoum annonce qu’il arrête de commercer avec la Chine, plus personne ne parlera du Darfour.


Les grandes puissances occidentales pourraient ainsi éviter une confrontation directe avec la Chine et garder la mainmise sur les ressources du continent africain?

Tout à fait. Leur attitude est honteuse. En fait, ces pays impérialistes sont racistes. Depuis la colonisation au 19ème siècle, ils ont toujours empêché l’Afrique de se développer pour garder le contrôle de ses ressources. Mais pourquoi ce continent ne pourrait-il pas commercer avec la Chine alors que l’Occident en fait autant? Pourquoi les enfants d’Afrique ne pourraient-ils pas avoir de bonnes chaussures, des tables bien servies et des écoles performantes? Les puissances néocoloniales maintiennent le plus riche continent du monde dans le sous-développement pour garder le contrôle de ses richesses.

La mobilisation pour le Darfour est importante aux Etats-Unis. Beaucoup d’associations juives se sont également impliquées dans cette campagne. Pourquoi ?

Les raisons de cette implication sont essentiellement historiques. Dans le conflit qui a longtemps opposé l’Etat juif à l’Egypte, le Soudan occupe une position stratégique. En effet, le Nil passe par ce pays avant de gagner l’Egypte. Aujourd’hui, Tel-Aviv et le Caire entretiennent d’excellentes relations mais compte tenu de la sympathie de la population égyptienne pour la cause palestinienne, cette entente pourrait se dégrader. Dans une stratégie à long-terme, Israël sait que ses intérêts stratégiques au Soudan sont importants. En effet, si elle peut contrôler l’eau du Nil, elle peut contrôler l’Egypte. Lors de la première guerre civile soudanaise, Israël soutenait déjà le mouvement rebelle du Sud Anyanya dans l’optique d’affaiblir le président égyptien Nasser. Aujourd’hui, alors que deux mouvements du Darfour ont déjà signé un accord de paix avec Khartoum, Israël soutient le dernier groupe qui continue à lutter. C’est pourquoi le leader libyen Kadhafi a déclaré que la crise du Darfour n’était plus un problème soudanais mais un problème israélien!

Vous devez aussi savoir que les associations sionistes qui sont impliquées dans cette campagne de mobilisation pour le Darfour aux Etats-Unis avaient la volonté initiale de créer un front commun avec les associations afro-américaines. Parmi celles-ci, la Nation de l’Islam et son leader Louis Farrakhan se sont rendus au Soudan, ont analysé la situation sur place et ont eu une discussion appuyée avec le gouvernement et son président Omar al-Bachir. L’organisation a finalement rendu sa propre décision : tout cela n’a rien à voir avec les Noirs et les Arabes. C’est pourquoi, le projet d’alliance voulu par les associations juives s’est effondré.

Après que la Cour Pénale Internationale ait émis un mandat d’arrêt contre le président Omar al-Bachir, les réactions sont plutôt divisées. Les Etats-Unis et la France ont déclaré que le président soudanais devait être jugé. Pour leur part, la Chine et les pays arabes estiment que cela pourrait déstabiliser le pays encore plus.
Je pense qu’une Cour qui n’écoute que la musique qu’elle veut bien entendre n’est pas une Cour. Laissez-moi vous donner quelques exemples. Le peuple somalien a toujours été déchiré par la guerre. Mais au début de l’année 2006, une intifada a été menée sous l’impulsion du Conseil Islamique. Les insurgés ont réussi à vaincre de façon pacifique les seigneurs de guerre. Ils ont restauré la paix dans une grande partie du pays. Le commerce reprit, les paysans retournèrent travailler dans leurs fermes et la communication au sein de la société se développa. L’espoir revenait! Mais six mois plus tard, le régime fantoche d’Ethiopie, manipulé par la CIA et les néoconservateurs américains, a envahi la Somalie. Le conflit a déplacé deux millions de Somaliens ; 60.000 ont été tués ; certains se sont noyés dans l’Océan Indien alors qu’ils tentaient de rejoindre le Yémen ; l’Ethiopie a même utilisé des bombes au napalm contre des civils à Mogadiscio et a détruit la majeure partie de cette ville ! Pourquoi aucun média n’a-t-il alerté l’opinion sur ce drame? Pourquoi n’y a-t-il pas de Cour contre les auteurs de cette tragédie?
L’Ouganda a détruit le Congo équatorial et pillé son or. Pour justifier sa légitimité, la Cour a arrêté Jean-Pierre Bemba, un petit poisson. Mais l’auteur de ce plan désastreux, le gouvernement ougandais, est toujours libre. Actuellement, ses troupes tuent des civils en Somalie. Pourquoi n’y a-t-il pas de Cour contre eux?
En 1998, l’Ethiopie déclencha une guerre en Erythrée. Dans un style totalement nazi, elle s’appropria les biens des Ethiopiens ayant des origines érythréennes. Plusieurs milliers d’Erythréens furent envoyés dans des camps de concentration où beaucoup succombèrent de la malaria et d’autres infections. Pourquoi n’y a-t-il pas de Cour contre ces criminels ?
Un million d’Irakiens ont été tués. Quatre millions ont été déplacés. Un Etat moderne a été détruit en toute illégalité. Pourquoi n’y a-t-il pas de cour contre Cheney, Rumsfeld ou Bush ?
L’industrie diamantaire d’Afrique du Sud ravage la Sierra-Leone. C’est elle et personne d’autre qui a porté l’ancien président libérien Charles Taylor devant un tribunal international sur base de fausses accusations ce qui laisse perplexe sur l’intégrité de cette justice.


Des crimes sont pourtant bien commis au Darfour. Même si la CPI n’est pas impartiale, Omar al-Bachir ne doit-il pas être jugé ?

Je ne conteste pas que des gens se font tuer au Darfour. Mais parler de génocide est une exagération d’une Cour impérialiste qui n’est pas neutre. Tous les partis politiques soudanais ont jugé que ce mandat d’arrêt allait à l’encontre de la souveraineté du pays. Le jugement d’Omar al-Bachir doit être laissé aux Africains. Le fait est que la CPI est là pour mettre la pression sur le président afin qu’il arrête de commercer avec la Chine et qu’il se tourne vers l’Occident. Ca ne marchera probablement pas avec le Soudan, mais c’est aussi un signal lancé aux autres pays qui seraient tentés de suivre cet exemple.


Les paysans soudanais sont confrontés à de gros problèmes de sécheresse. Le gouvernement ne peut-il pas utiliser les rentrées pétrolières pour construire des structures d’irrigation? De manière générale, pourquoi un pays, que certains comparent à l’Arabie saoudite pour ses ressources pétrolières, est-il si pauvre?
En Europe, vous avez des pays pauvres avec des gens riches. A l’inverse, le Soudan est un pays riche avec des gens pauvres. Il est vrai que le gouvernement soudanais aurait pu allouer l’argent du pétrole de manière efficace mais le fait est qu’il n’a pas de solution progressiste pour tout le pays. De son côté, la bourgeoisie régionale est fortement touchée par la corruption (1). Depuis l’accord de Naivasha qui a marqué la fin de la deuxième guerre civile, l’autorité du Sud a reçu six milliards de dollars au titre de répartition équitable des richesses. Mais avec tout cet argent, ils n’ont même pas construit une école! Le Soudan a donc besoin d’une véritable réponse, mais nous ne pourrons pas la donner nous-même car il revient au peuple soudanais d’arriver à une telle conclusion.


La solution n’est-elle pas dans le fédéralisme ou le confédéralisme?

Cette solution a été défendue par les Etats-Unis pour mettre un terme au conflit avec le Sud et l’est aujourd’hui pour résoudre la crise du Darfour. Un référendum devrait bientôt déterminer le statut de ces deux régions. L’intérêt pour les puissances occidentales est de taille : si elles ne peuvent pas négocier l’exploitation du pétrole avec Khartoum, elles le feront avec des régions autonomes.
Mais le fédéralisme n’est pas le remède miracle à tous les problèmes politiques dans le monde. En Belgique, trois communautés linguistiques cohabitent : les néerlandophones, les francophones et les germanophones. Le fédéralisme a été établi sur base des langues dans ce pays ce qui a eu pour effet de créer des frontières. La Belgique a un petit territoire mais elle compte six gouvernements, 550 parlementaires et 55 ministres. C’est le nombre par habitant le plus important dans le monde! Malgré cette armada politique, le pays connait régulièrement des problèmes communautaires. En Suisse par contre, le fédéralisme est basé sur des cantons ce qui rend le système beaucoup plus efficace. Alors que 75% de la population est germanophone, le parlement de ce pays s’exprime en français sans aucun complexe. Et voilà où nous en sommes : la bourgeoisie soudanaise veut un modèle à la belge.

Comment peut-on sortir de la crise au Soudan ?

Le Soudan est un pays très riche qui a reçu tout ce que la Nature pouvait donner. Mais pour son malheur, il n’existe aucun mouvement qui puisse rassembler la population autour de la construction d’un Etat démocratique, uni et égalitaire ; un Soudan sans aucun chauvinisme ni discrimination ; un Soudan qui utiliserait toutes ses ressources pour bâtir un avenir solide à son peuple. Les partis actuels, y compris le régime militaire, prônent toutes sortes de slogans : socialisme soudanais, arabe ou islamique, nationalisation ou dénationalisation… Mais ils sont incapables de porter et d’intégrer le pays sur le chemin de la démocratie moderne et progressiste. La bourgeoisie qui dirige le pays fait passer ses propres intérêts avant ceux de la nation. Cependant, la crise économique et la chute du prix des matières premières ne vont plus faire rentrer autant d’argent que par le passé faisant augmenter encore le nombre de pauvres. Vous avez là les conditions permettant l’émergence de ce dont le Soudan a le plus besoin : une résistance progressiste et démocratique.

Note
(1) http://www.southsudannation.com/pres%20afwerki%20interview4.htm

Mohamed Hassan recommande également les lectures suivantes:
- Oil in Sudan: Facts and impact on Sudanese Domestic and International Relations
- Oil in Darfur? Special Ops in Somalia?

Livres
Commander Bush le cyclone
Commander Code Chavez - CIA contre Venezuela
Prochain livre
Les 7 péchés d'Hugo Chavez
Filmshttp
Commander Bruxelles-Caracas

www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=1973&option=com_content&Itemid=11/

Monday, March 30, 2009


Appeal remove Hamas from EU Terror list launched today! www.recogniseresistance.net
Lundi 30 Mars 2009 23h00mn 17s
De:
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"Nadine Rosa-Rosso"
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À:
recogniseresistance@gmail.com
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Communiqué de presse recognise Resistance.doc (24 ko), Press release Recognise Resistance.doc (24 ko), Persmededeling Recognise Resistance.doc (25 ko)
En FR, EN & NL

FR : En cette Journée de la Terre, symbole de la résistance palestinienne, l’appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes, lancé le 1er février 2009 à Bruxelles, a reçu l’appui de 1 200 signataires. Parmi eux, 275 personnalités des mondes académique, littéraire, artistique et militant de la cause palestinienne. Les signataires émanent de 22 des 27 pays de l’Union européenne et de 40 pays hors Union européenne, représentant tous les continents.

L’appel est adressé aux candidats à l’élection du parlement européen qui se tiendra le 7 juin 2009. Des personnalités très connues sur la scène européenne, comme Jose Saramago et Mairead Maguire, Prix Nobel, Henri Alleg et son épouse Gilberte, François Houtart, Tariq Ramadan, Gilad Atzmon, Yvonne Ridley, Domenico losurdo, Giulietto Chiesa, Norman Finkelstein, James Petras, Christine Delphy, Daniel Bensaïd, Dyab Abou Jahjah, Tariq Ali, Virginia Tilley, Gretta Duisenberg ont tenu à apporter leur soutien à l’initiative.

Jusqu’aux élections européennes du 7 juin 2009, le site web www.recogniseresistance.ne/ a naturellement pour première fonction de continuer à récolter les signatures sur une large échelle. Il permet également aux signataires d’exprimer leur motivation propre et de consulter des articles consacrés à la résistance palestinienne.

L’appel sera communiqué officiellement aux têtes de liste pour les élections européennes au début mai et leur réponse sera publiée sur le site.

Pour plus d’informations :

Nadine Rosa-Rosso 0032484597802 recogniseresistance@gmail.com

Désinscription : mailto:recogniseresistance@gmail.com?subject=Unsubscribe

EN: In this commemoration of the Land Day, symbol of the Palestinian resistance, the call for the withdrawal of Hamas fom the European list of the terrorist organizations, launched on February 1st, 2009 in Brussels, received the support of 1 200 signatories. Among them, 275 personalities of the academic, literary, artistic and militant of the Palestinian cause fields. The signatories emanate from 22 of 27 countries of the European Union and from 40 countries outside the European Union, representing all the continents.

The call is sent to the candidates for the election of the European Parliament which will be held on June 7th, 2009. Very known personalities in the European arena, as Jose Saramago and Mairead Maguire, Nobel prize, Henri Alleg and his wife Gilberte, François Houtart, Tariq Ramadan, Gilad Atzmon, Yvonne Ridley, Domenico Losurdo, Giulietto Chiesa, Norman Finkelstein, James Petras, Christine Delphy, Dyab Abou Jahjah, Daniel Bensaïd, Tariq Ali, Virginia Tilley, Gretta Duisenberg have expressed their support to the initiative.

Till the European elections which are held on June 7th, 2009, the first goal of the www.recogniseresistance.net website is to go on collecting endorsements on a wide scale. It also allows the signatories to express their motivation and to consult articles dedicated to the Palestinian resistance.

The call will be officially communicated to the top candidates for the European elections at the beginning of May and their answers will be published on the website.

More information : Nadine Rosa-Rosso 0032484597802 recogniseresistance@gmail.com

Unsubscribe : mailto:recogniseresistance@gmail.com?subject=Unsubscribe

NL:Op deze Dag van de Aarde, symbool van het Palestijnse verzet, heeft de Internationale « Oproep om Hamas en de andere Palestijnse verzetsorganisaties te schrappen van de Europese lijst van terroristische organisaties » 1200 handtekeningen verzameld.

Onder hen 275 personaliteiten en activisten voor de Palestijnse zaak uit de academische, literaire en artistieke wereld. De ondertekenaars komen uit 22 van de 27 landen van de Europese Unie en uit 40 landen buiten de EU. Onder hen : de Nobelprijswinnaars Jose Saramago en Mairead Maguire, Henri Alleg en zijn echtgenote Gilberte, François Houtart, Tariq Ramadan, Gilad Atzmon, Yvonne Ridley, Domenico Losurdo, Giulietto Chiesa, Norman Finkelstein, James Petras, Christine Delphy, Daniel Bensaïd, Tariq Ali, Virginia Tilley, Paul Goossens, Tom Lanoye, Dyab Abou Jahjah, Gretta Duisenberg…(voor de volledige lijst zie website).

De Oproep richt zich tot alle kandidaten op de lijsten voor de Europese verkiezingen op 7 juni 2009. Tot en met de datum van de Europese verkiezingen zal een website www.recogniseresistance.net de campagne dragen en via het web zoveel mogelijk handtekeningen verzamelen. Langs deze website hebben ondertekenaars ook de kans om hun eigen motivering voor hun steun aan deze campagne duidelijk te maken (« Personalities Speak out »), en is er de mogelijkheid om artikels (« Articles ») over het Palestijnse verzet te raadplegen.

De Oproep zal officieel overgemaakt worden aan alle lijsttrekkers voor de Europese verkiezingen en hun antwoord zal op de website www.recogniseresistance.net gepubliceerd worden.

Meer info: Luk Vervaet 00324786538 recogniseresistance@gmail.com

Unsubscribe: mailto:recogniseresistance@gmail.com?subject=Unsubscribe

Palestine : 30 mars 2009


Communiqué du Comité National pour la Campagne de Boycott,

Désinvestissement et Sanctions pour la Journée de la Terre :

Boycottez Israël ! Demandez-lui des comptes pour ses crimes à Gaza !


Par BDS Movement



La Journée Mondiale d’Action BDS fait partie de la Semaine Mondiale d’Action contre le Capitalisme et la Guerre, du 28 mars au 4 avril 2009, qui a été lancée par l’Assemblée des Mouvements Sociaux au Forum Mondial Social à Belem. Cette semaine comprend également la mobilisation anti-G20 du 28 mars, la mobilisation contre la guerre et la crise du 30 mars, une mobilisation pour le 60ème anniversaire de l’OTAN le 4 avril.
Aujourd’hui, 30 mars, le peuple palestinien dispersé dans le monde marquera la Journée de la Terre, commémorant les événements d’il y a 33 ans, lorsque les forces de la sécurité israélienne ont tué six jeunes citoyens palestiniens d’Israël et blessé un grand nombre.

Ces jeunes courageux faisaient partie des milliers qui protestaient contre l’expropriation de la terre palestinienne par Israël pour construire de nouvelles colonies juives et agrandir les villes juives existantes.

Aujourd’hui, la Journée de la Terre symbolise la résistance palestinienne à l’expropriation continue des terres par Israël, à l’apartheid, à la colonisation et à l’occupation. Elle marque également la première Journée Mondiale d’Action pour les Droits Palestiniens et pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), lancée lors du Forum Social Mondial 2009 au Brésil.

Les polices racistes d’Israël, qui confisque la terre palestinienne et déplace par la force les Palestiniens, se sont intensifiées depuis la première Journée de la Terre. La politique de nettoyage ethnique croissant qu’Israël appelle la « judaïsation » avance à un rythme soutenu dans les cités historiques de Palestine, dont Jérusalem, Jaffa, Acre, Lydda et Ramla, avec des démolitions de maisons et des expulsions forcées quotidiennes. La main-mise agressive d’Israël sur les terres continue avec la construction et l’expansion du mur d’apartheid et des colonies sur la terre palestinienne occupée. Des centaines de milliers de Palestiniens courent le risque d’un déplacement imminent puisque la destruction totale de leurs villages est programmée.

De plus, les injustices fondamentales qui ont donné naissance au premier appel BDS de la société civile palestinienne en 2005 sont plus aigües aujourd’hui que jamais. Israël continue de refuser aux réfugiés palestiniens, victimes d’un nettoyage ethnique pendant la Nakba de 1948 et depuis, leur droit au retour dans leurs maisons d’origine prévu par les Nations Unies ; il continue sa discrimination raciale institutionnalisée contre les citoyens palestiniens d’Israël, et son occupation militaire de la Cisjordanie, dont Jérusalem Est, et de la Bande de Gaza s’intensifie dans la répression et la cruauté.

Cette année, la Journée de la Terre prend davantage de signification à la lumière de la guerre atroce d’Israël contre la population palestinienne hermétiquement assiégée dans la Bande de Gaza occupée. Les plus de 1.400 morts, 5.000 blessés et 14.000 maisons endommagées ou détruites ne sont que la dernière manifestation du mépris que porte Israël à la vie palestinienne. Le silence des gouvernements puissants du monde devant le massacre fut encore un autre échec de la « communauté internationale » à faire respecter le droit international et à obliger Israël à rendre des comptes pour ses violations persistantes et graves des normes internationales les plus fondamentales.

Il est évident que toutes ces formes de l’oppression israélienne coloniale et raciste n’auraient pu atteindre ce niveau critique sans l’appui direct ou indirect et la collusion des Etats Unis, de l’Union Européenne et de beaucoup d’autres pays, dont plusieurs régimes arabes. L’isolement d’Israël par les boycotts, le désinvestissement et les sanctions (BDS), comme cela a été fait pour l’Afrique du Sud, doit devenir une priorité pour quiconque lutte pour la liberté, la justice et l’application du droit international et des principes universels des droits de l’homme.

Pour les martyrs de la Journée de la Terre et les milliers d’autres qui ont donné leurs vies pour la liberté, la justice et l’autodétermination, pour les milliers d’emprisonnés pour leur engagement pour la dignité humaine, pour Gaza, pour le retour, l’égalité et la liberté,

le Comité National Palestinien BDS (BNC) appelle les gens de conscience partout dans le monde qui luttent contre toutes les formes d’oppression, au boycott d’Israël et à son désinvestissement, ainsi qu’à celui des entreprises qui profitent de son oppression, jusqu’à ce qu’il se conforme totalement à ces obligations selon le droit international et reconnaisse nos droits inaliénables sur notre terre.

Nous saluons tous les groupes et individus qui ont tenu compte de cet appel et qui organisent des activités de BDS lors de cette Journée Mondiale d’Action pour la Palestine.

Avec votre soutien, nous vaincrons.

Le secrétariat du BNC
(The Boycott, Divestment & Sanctions Campaign National Committee)

Vidéo de l'Action de boycott du Carrefour de Montreuil, le 21 mars.


Action boycott Carrefour Montreuil
envoyé par Caps-tv


Source : BDS Movement Traduction : MR pour ISM

Appel à un Mouvement International pour Ouvrir la Frontière de Rafah -
Ne laissons pas mourir Gaza


Par IntMorb > intmorb@googlemail.com

Nous appelons tout individu ou groupe (ASSO, ORGA, PARTI, ETC.) à participer, dans la mesure de ses moyens, à l’établissement d’un sit-in permanent au poste frontière de Rafah, pour faire pression sur les gouvernements égyptien, américain, européens et israélien mais aussi sur la «communauté internationale», jusqu’à l’ouverture définitive de la frontière entre Gaza et l’Egypte, permettant la libre circulation des biens et des personnes.

POUR LIBERER GAZA, POUR BRISER LE SIEGE, POUR LA LIBRE CIRCULATION - TOUS A RAFAH, MAINTENANT !

Après le massacre de la population de Gaza par l’armée israélienne, commencé le 27 décembre 2008, le monde s’est ému du sort des Palestiniens. Mais Gaza reste fermé, presque hermétiquement, les convois humanitaires s’accumulent aux frontières et une infime partie est autorisée à entrer. De même, les citoyens de divers pays, y compris de nombreux Palestiniens sont bloqués en Egypte.

Nous, citoyens du monde, nous opposons à ce blocus illégal et meurtrier, toléré, pour ne pas dire encouragé par la majorité des gouvernements mondiaux, en particulier ceux des Etats-Unis, d’Israël, de l’Europe et de nombreux pays arabes.

Une fois encore, il semble que seule la société civile soit capable de se mobiliser pour exiger l’application des droits de base d’un peuple qui sont précisés dans le droit international et la Déclaration universelle des droits humains ( 10 décembre1948).*

C’est pourquoi, nous appelons tout individu ou groupe (ASSO, ORGA, PARTI, ETC.) à participer, dans la mesure de ses moyens, à l’établissement d’un sit-in permanent au poste frontière de Rafah, pour faire pression sur les gouvernements égyptien, américain, européens et israélien mais aussi sur la «communauté internationale», jusqu’à l’ouverture définitive de la frontière entre Gaza et l’Egypte, permettant la libre circulation des biens et des personnes.

POUR LIBERER GAZA, POUR BRISER LE SIEGE, POUR LA LIBRE CIRCULATION

TOUS A RAFAH, MAINTENANT !

* Article 13 :

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Vous voulez participez à notre action ou signez cet appel, écrivez à l’une de ces deux adresses: IntMorb@Googlemail.com ou contact@ism-france.org


ASSOCIATIONS, PARTIS POLITIQUES

Egypte
Kefaya
No-More-Ignorance group

Espagne
PAz Ahora

France
Association des Palestiniens en France (APF),
AMFP (Association Médicale Franco-Palestinienne),
Association CREF Perpignan
Association Identité Plurielle - Perpignan
Collectif des Musulmans de France,
Comité de Lutte Contre la Barbarie et l'Arbitraire
Comité St Ouen Solidarité Palestine,
Convergence des Causes,
Culture et Dialogue
EMF (Etudiants Musulmans de France)-Nantes,
Ijtihad,
MCD "Mouvement Citoyen pour la Diversité"
Mouvement International de Solidarité (ISM)
Mouvement de Soutien à la Résistance du Peuple Palestinien,
Résistance Palestine,

Germany
Jüdische Stimme/Jewish Voice

Jordan
Jordan Society for Human Rights
Jordanian Intellectuals For Gaza

Italia
Associazione Zaatar
Associazione Ghassan Kanafani (Lucca)
Circolo aziendale ferrovieri del PRC Spartaco Lavagnini di Firenze
Network of Artists Against War Italia
Associazione ALTRIMONDI, sezione Palestina
Comitato varesino per la Palestina
Sinistra Critica (Varese)
Comitato Provinciale ARCI di Varese.

Palestine
Global Help Initiative for Palestine (HI), Gaza
Arab Friendship Club Governorates of Gaza
RASED, Palestinian Association for Human Rights
ISM-Palestine

Portugal
Revista Rubra (Portugal)

Scotland
ISM-Scotland
Glasgow Palestine Human Rights Campaign
Scottish Palestine Solidarity Campaign

Tunisia
Institut Tunisien des Relations Internationales

United Kingdom
Friends of Lebanon
MPACuk, United Kingdom
The Peace Cycle
Viva Palestina

USA
ISM-Chicago
Northampton Committee to End the War in Iraq
Code Pink
Shaikh Hasan Foundation for Science and Culture (Palestine and USA), Gaza Coalition- Ohio, USA


INDIVIDUS (22 nationalités)

Australia
Benjamin Merhav

Belgium
Ismaïl-Jérôme Delvax, Bruxelles
Nadine Rosa-Rosso, creator of the call to remove Hamas from european terrorist organizations lists
Nordine Saïdi, Mouvement Citoyen Palestine
Djamal Benmerad, Author, Belgium

Canada
Mahjabeen Bhatti, psychotherapist

Colombia
Monica Caicedo

Dubai
Mohamed AlBhaisi, Computer Engineer, Palestinian refugee

Egypte
Iman Baddawi, Journalist and activist
Iman Hassan, Teacher
Nada Kassas, Journalist and activist
Alshaimaa Alanadoly, Egypt
Dr. Abd ElHalim Kandil, Coordinateur de Kefaya
Mohamed Gamal el-din, Journalist and activist
Samah Badawy - Egypt
Sara Mohamed Gamal, student and activist
Kamel Elbasha, author and activist
ولماذا الضغط على مصر وليس مساعدتها لفك الحصار الايكفيها ما تتعرض له من اغواءات وضغوط انا اوقع على البيان مع تحفظي على ما ذكرت واطالب كل من يستطيع المساهمة في ممارسة الضغوط على الحكومات الاوروبية والامريكية والاسرائيلية ان يفعل .
كامل الباشا
فنان فلسطيني من القدس المحتلة

France
Christian Chantegrel, SB (Siege Buster)
Abdelaziz Chaambi, Activist

Youssef Girard, Historian
Mireille Rumeau, Activist ISM
Sandrine Mansour-Merien, historian Palestinian refugee
Iyad Abbara
Rachid ID Yassine, Doctorant Perpignan
Sedjai Souad , employee
Sabri Beiruti, palestinian political refugee
Bila Salla,
Maria Poumier,
Claire Aymes, citoyenne,Marseille
Nadjib Achour étudiant
Daoud Senni, Culture et Dialogue
Farida Benmerabet, Militante Nanterre
Yasmina Benchohra-Sadarnac
Guillaume Cros
Bobenrieth Sébastien
Monica Caicedo
Claude Ganne
Salomé Aubry, décoratrice cinéma
Moulay Taeib, citoyen français solidaire, Strasbourg

Germany
Dr. Edith Lutz
Tinet Elmgren, Comic artist
Dr. Annelise Butterweck
Ellen Rohlfs
Prof. Dr. Werner Ruf
Bianka Buddeberg
Annette Klepzig (pax christi)
Dieter Neuhaus (Foreign aid professional, ret)

India
Lesley A. Esteves, Deputy Editor, Outlook Traveller Getaways, New Delhi

Italy
Emanuele Vitali
Domenico De Filippis
Germano Monti
Prof.Massimo De Santi (Presidente CIEP - Comitato Internazionale di Educazione per la Pace)
Patti Cirino
Federico Giusti (Pisa)
Enrica Palmieri (docente Accademia Nazionale di Danza (Roma)
Alessandra Festini
Alessandra Fava
Edvino Ugolini (Trieste)
Gabriella Macucci (Siena)
Maria Grazia Campari (Milano)
Lea Melandri
Claudio Ortale (capogruppo PRC Municipio 19 – Roma)
Francesco Bravetti (Roma)
Ettore Davoli (Roma)
Nello Acampora (Circolo PRC Campobasso)
Andrea Montella
Paola Baiocchi
Elena Montella
Elia De Pasquale (Empoli)
Stefano Ferrario (Samarate – Varese)
Valentina Marchesini (Siena)
Giuseppe Musolino (Presidente provinciale ARCI Varese)
Patrizia Messinese, assistente amm.va e traduttrice, Italia

Jordan
Hisham Bustani, Author and activist
Abdel Salam Saleh - Novelist

Saleh abu-Taweeleh - Activist

Suleiman Sweiss - Human Rights Activist

Laila Zo'bi - Activist

Mohammad Faraj - Activist
Naser abu-Nassar - Activist
Ayed Nab'a - Director

Kamal Khalil - Singer and Composer

Mohammad Nasralla - Plastic Artist 

Kawthar Arar - Journalist

Abdul Rahman el-Ja'bari - Cartoonist
Yahya abu-Safi - Researcher

Majed Toubeh - Secretary of Jordanian Journalists Syndicate

Akram Kreishan - Int'l Expert in Human Rights 

Laila Faisal - Activist - Jordan/USA

Mohammad Shareef el-Jayyousi - Journalist
Rabea Salhieh - Dental Surgeon

Olfat Jaser - King Hussien Cancer Foundation

Ra'ed Abdel Haq - Tourist Guide
Amina Abu-Hamdia - Activist -Jordan/USA
Iyad Aljaberi, APMC-Hikma
Eideh Mustafa Mutlaq Qanah, Phd, academician, writer and activist

Lebanon
Sari Hanafi, Professor, Beirut American University
Nadine Acoury, Arab

Malaysia
Jenn Chong - Global Peace Rally (Malaysia, Ambassador) - - Owings Grass Root Group U.S.A.-President International Member Owings Grass Root Group - Alwatan-Ambassador of Malaysia

Pakistan
Asim Ghani, journalist
Saad Javed Khan

Palestine
Père Manual Musallam, chef de la communauté chrétienne à Gaza
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Hamza El Taweel HI Chairman, Engineer, Peace Ambassador. Gaza
Omar Ghraieb, Journalist- Translator - Global Help Initiative for Palestine 'HI' - Gaza
Wesam Mousa, Arab Friendship Club Governorates of Gaza
Amal Wahdan, Palestinian Activist and journalist
Khaled Amayreh, Journalist
Afaf Dajani, RASED president, Palestinian Ass. for Human Rights-jerusalem office
and President of Ass. for women and children
Dr Haidar Eid, Gaza
Asma Qwaider, Gaza, Palestine Forum
Adnan el-Sabbah - Writer

Amani Abu shaaban - Engineer - Gaza
Laila Harbe – Engineer - Gaza
Naila Gergawe – Engineer - Gaza
Nebal Erhem – Engineer - Gaza
Mohmmed jabber – Artist - Gaza
Ismail Hefene – Engineer - Gaza
Mohammed Haj - Artist - Gaza
Abdullah Roze - Artist - Gaza
Amani Abu hamda - Artist - Gaza
Nahel Mhana – Designer - Gaza
Enas Jaber - Artist - Gaza
Ola Sakallah – Engineer - Gaza
Eman Aby shamlla - Teacher - Gaza
Dalia Taha – Engineer - Gaza
Saleh Sahuon – Accountant - Gaza
Rania shawa – Accountant - Gaza
Zaher Akeila – Accountant - Gaza
Hanaa Sahaw – Accountant - Gaza
Ahamed Morad - Doctor - Gaza
Maysaa Abu Shaaban – Doctor - Gaza
Mohamed Abu Randan – Accountant - Gaza
Khalel Khodare – Engineer - Gaza
Majed Khodare – Accountant - Gaza
Rame Mohana – Judge - Gaza
Saad Mohana – Accountant - Gaza
Ishaq Mohana – Judge - Gaza
Mazen Sesalem – Judge - Gaza
Tagred Khodare – Journalist - Gaza
Jamal Lolo – Accountant - Gaza
Khaled Lolo – Accountant - Gaza
Batol Shorafa – Engineer - Gaza
Mahmmod Moshtaha – Accountant - Gaza
Deima Redece – Engineer - Gaza
Mohammed Thalthene – Accountant - Gaza
Asaad Yazje – Accountant - Gaza
Somaia Qwaider - Coordinator - Gaza
Raheane Dalol - Coordinator assistant - Gaza
Heba Sharef - Designer - Gaza
Mohammed Madhoon - Student - Gaza
Anour Shekh - Student - Gaza
Mohammed Yosef - Student - Gaza
Abed allah Zaalan - Student - Gaza
Saady Hamed - Student - Gaza
Abed rahem Hamed - Student - Gaza
Mahmod Madhoon - Student - Gaza
Mohamed Esmaial - Student - Gaza
Doaa Eaila - Student - Gaza
Fatema Hasham - Student - Gaza
Anor Qeshawie - Student - Gaza
Maha Balata - Student – Gaza

Saudi Arabia
Abdalla el-Harkan - Financial Manager

Anwar A. AlKhuffash, PhD, President & CEO Gulf Projects Development Centre
Jameel Khartabil - researcher
Wessam Hamdan

Spain
Julio Rodriguez

Syria
Mohammad Deebo - Poet and Activist
Ahmed Alfelo, Journalist and activist
Assem Kassem
Naser Kanakri
D. Abdul Rahman Mohammed Younis, Chercheur, romancier et professeur d'université

Tunisia
Ahmed Manai

United Arab Emirates
Sawsan Barghouti - Arabian writer and activist

United Kingdom
George Galloway, Member of Parliament
Yvonne Ridley, Journalist and Author
Andrew J Silvera, Action4Palestine
Lynn Wilson, Global Help Initiative for Palestine
Dr Mohamed Abassi
Laura Abraham, Cofounder & Director The Peace Cycle
Clive Searle, webmaster Viva Palestina
Frances Laing, Freelance Writer, Blogger and Journalist
Nicholas et Sara Wood

USA
Paki Wieland, Northampton Massachusetts
Western Mass Raging Grannies, Code Pink.
Damien Marsic, PhD, Raelian Guide
Dema Hamdan
Laurel Harig, Philadelphia, PA
Hedy Epstein, (Germany/USA)

Venezuela
Michelle Cona

Members of Viva Palestina, drivers to Gaza, entitled to Palestinian Passport :
Mrs Nafisa Saeed, Y. Manvra, R. Raja,
Akram Janua, Nusarrat Janjua, Sofia Janjua, X Janjua, Shereen Bhorat, Mourad Abib (Algerian Relief), David Joner, Kevin Ovenden, Tahir Gorji, Kieran Turner, Safraz Patel, Ruhel Mial, Bisharet Ali, Asad Iqbal, Hussein Saleam, Shahed Miah (Solihull), Faruk Shaikh (Gloucester), Ahmed Nisar, Ahmed Riaz, Alaa Mousa, Samir Ali, Abdullam Khan, Zabar
Source : http://www.help-initiative.org/news.php?id=21
Traduction : Chris

Thursday, March 26, 2009

ALGERIE

Lettre ouverte à M. Ahmed Ouyahia,
Premier Ministre

Palais du Gouvernement – Alger.

En qualifiant de "traîtres" et de "criminels", des citoyens algériens dont le seul tort est d'avoir appelé à l'instauration d'une vraie démocratie dans le pays, tout en dénonçant une nouvelle mascarade électorale, vous venez de commettre une double forfaiture. Une forfaiture à la fois politique et morale qui vous déshonore en rejaillissant sur l'ensemble de votre « gouvernement ». Cette faute politique et morale grave dénote l'état d'esprit d'un régime politique déliquescent et totalement discrédité. La perte de sang-froid et l'affolement dont vous venez de faire preuve aujourd'hui, sont en effet révélateurs de votre incapacité structurelle à faire face à un nouveau boycott populaire encore plus cinglant que les précédents.

S’il y avait dans notre pays un Parlement démocratiquement élu, c'est-à-dire constituant une authentique représentation du Peuple, ce Parlement se serait de plein droit, constitué en Haute Cour de Justice, à l'effet de statuer sur la forfaiture caractérisée, - indigne d'un Chef de Gouvernement -, que vous venez de commettre, en qualifiant des Algériens de "traîtres" et de "criminels", au seul motif qu'ils refusent de se prêter à vos simulacres d'élections. Ceci, sans préjudice des poursuites subsidiaires engagées par ces citoyens outragés, par devant les juridictions de droit commun, - en pénal comme en civil -, pour les chefs d'injures graves et de diffamation. Car, hormis les apparatchiks, les asservis du système et autres rentiers d'un clientélisme politique corrupteur, il ne se trouve pas grand monde pour adhérer ou accorder le moindre crédit à cette nouvelle mascarade électorale qui vise à perpétuer la marginalisation du peuple et la mainmise du système sur les Hommes, le pays et le patrimoine de la nation.

C'est pourquoi nous en appelons aux Algériens que vous venez d'insulter pour les inviter à se constituer librement et spontanément en collectifs de citoyens, à l'effet de se porter parties civiles contre vous, par devant tous les tribunaux à travers l'ensemble du territoire national.

Car, il ne sera pas dit que vous, M. Ahmed Ouyahia, tout « Premier Ministre » que vous êtes, soyez au-dessus des lois et des convenances, en croyant pouvoir fouler au pied, impunément, la dignité de millions de citoyens honorables qui ne sont, eux, ni des traîtres ni des criminels. Des citoyens qui, en tout état de cause, n'ont ni l'esprit malade, ni la conscience tourmentée des vrais traîtres et des vrais criminels.

En rendant public notre Appel du 19 mars 2009, nous, citoyens algériens libres et dignes, avons seulement voulu dénoncer l’illégitimité d'un pouvoir politique dont l'arbitraire, l’incompétence et la corruption s’étalent au grand jour aux yeux du peuple algérien. Et nous confirmons ici, la teneur de cet Appel au Peuple, pour œuvrer à un changement radical et pacifique d'un système politique moribond, sous les brancards duquel se tapissent les vrais "planqués" – non pas ceux de la Seine – mais ceux d'un système qui a secrété ses propres charognards. Un système illégitime dont l'implosion inéluctable menace tout à la fois, les intérêts supérieurs du pays et l'unité de la nation.

Fait à Alger, le 26 Mars 2009.

Les signataires de « l'Appel du 19 Mars 2009 » :


Zineb Azouz, Universitaire. (Constantine). Djamaleddine Benchenouf, Journaliste, (Lyon). Abdelkader Dehbi, Universitaire, (Alger). Abdelmalek Djoudi, Ingénieur Documentariste, (Lyon). Kamaleddine Fekhar, Médecin, Militant des Droits de l'Homme (Ghardaïa). Rachid Ghorieb, Journaliste (Canada). Ahmed Kaci, Journaliste, (Paris). Samy Khoukoum, Psychosociologue. (Paris). Madjid Laribi, Journaliste (Paris). Salah-Eddine Sidhoum, Chirurgien. (Alger). Ahmed Si Mozrag, Avocat, (Burkina Faso). Brahim Younessi, Politologue, (Paris). Ziani-Cherif Rachid, Médecin (Sidi Bel Abbés). Mohamed Larbi Zitout, Ex-diplomate. (Londres).



La campagne de désinvestissement prend de l'ampleur en Europe

Par Adri Nieuwhof
Adri Nieuwhof est consultante et militante pour les droits de l'homme.
Suède 20/03/2009

Le fonds de pension national suédois AP7 est la dernière institution à suivre l’exemple d’investissement socialement responsable de la Dutch ASN Bank, en excluant le géant français de transport Alstom de son portefeuille. Alstom a été exclu en raison de son implication dans l'occupation des terres palestiniennes par Israël.

Les militants et les chercheurs affirment que les entreprises françaises Alstom et Veolia sont directement impliquées dans le maintien de colonies de peuplement illégales dans les territoires palestiniens occupés, et qu’elles jouent un rôle clé dans la tentative d'Israël de rendre son annexion de Jérusalem-Est palestinienne irréversible. Pour cette raison, la Dutch ASN Bank a décidé en 2006 d'exclure Veolia de son portefeuille, excluant également des sociétés qui profitent de l'occupation israélienne.

D'autres banques ont suivi l'exemple de la Dutch ASN Bank pour un investissement socialement responsable.

Les activistes suédois ont informé le public sur le rôle des entreprises bénéficiant de l’occupation par le biais de plusieurs actions. La recherche de l'organisation non gouvernementale suédoise Diakonia sur l’usine Mul-T-Lock dans le parc industriel de Barkan dans une colonie de Cisjordanie ont conduit à la décision d’Octobre 2008 du propriétaire Assa Abloy de désinvestir de l'entreprise.

À cette époque, Veolia faisait un appel d'offres pour un contrat de huit ans et 4,5 milliards de $ pour gérer le métro du comté de Stockholm. Des journalistes suédois ont interrogé des hommes politiques sur le rôle de Veolia dans le projet de tramway israélien qui relie les colonies israéliennes et normalise la situation illégale des colonies. Lors de l’événement « Carton Rouge pour Veolia » le 15 novembre 2008, les passagers du métro de Stockholm ont été priés d’épingler un carton rouge à leurs vêtements pour protester contre la participation de Veolia dans le tramway de Jérusalem dans les territoires palestiniens occupés.

On pense que les protestations ont contribué à la décision du fonds de pension national suédois AP7, l'un des investisseurs les plus importants en Suède et bien connu pour son profil hautement éthique, de mettre Alstom sur liste noire. AP7, qui gère des fonds de retraite d’une valeur d'environ 90 milliards de couronnes (15 milliards de $), a listé sur son rapport annuel 2008 les entreprises dont il a dû exclure l’investissement pour des raisons éthiques. Alstom est signalé comme une compagnie dans laquelle AP7 aurait souhaité investir. Cependant, le rapport indique que l’implication d’Alstom dans des atteintes aux droits de l’homme signalées en ce qui concerne la participation de la société dans un projet de tramway à Jérusalem la rend impropre aux investissements d’AP7.

De plus, à la mi-2008, AP7 a décidé de vendre toutes ses actions dans des sociétés fabriquant des bombes à fragmentation et des armes nucléaires. Le directeur exécutif Richard Grottheim a déclaré à la presse : « Je pense que d’autres fonds de pension suivront mon initiative. » Le fait qu’AP7 ait diagnostiqué Alstom comme une entreprise impropre aux investissements aura très probablement les mêmes effets.

Le 16 mars 2009, le Sandwell Council au Royaume-Uni a annoncé que Veolia n’était pas parvenu à être sur la liste de présélection de 3 compagnies soumissionnant pour un contrat de 25 ans de collecte et de recyclage de déchets, d’un montant de 1 milliard de livres (1,43 milliards de $). La Campagne de Solidarité avec la Palestinienne a lancé sa Campagne Sandwell Bin Veolia, demandant au public de signer une pétition demandant que le conseil retire Veolia de la liste des contractants approuvés. La pétition a fait valoir que Veolia devait être retirée parce que l’entreprise a accepté des contrats à Jérusalem en violation du droit international et des résolutions des Nations Unies.

Interrogé sur les raisons de l’exclusion de Veolia de la liste de présélection, un responsable de la presse au Sandwell Council a répondu que les activités supposées de Veolia n’ont joué aucun rôle dans le processus de prise de décision du conseil. « En vertu de la loi, le conseil n’est pas autorisé à permettre que des facteurs non commerciaux influencent le choix d’un partenaire pour ses projets d’amélioration des services de recyclage de déchets et de nettoyage des rues à Sandwall. » Cependant, le 10 février 2009, un article publié par The Electronic Intifada, l’auteur de ces lignes et l’avocat Daniel Machover affirmaient que selon la législation du Royaume Uni, il était parfaitement légal d’exclure Veolia des marchés publics en raison de sa « faute professionnelle grave. »

A Melbourne, Australie, la Campagne Veolia démarrera par la Campagne Connex Dump, qui sera lancée le 30 mars 2009, et qui mettra l’accent sur la filiale de Veolia qui gère le service de train à Melbourne. Les militants distribueront 100.000 brochures aux usagers du train. Les brochures expliquent que les usagers ne devraient pas seulement être en colère parce que la compagnie offre un service insatisfaisant à Melbourne, mais aussi parce que Veolia a signé un contrat de 30 ans avec Israël pour l’exploitation d’un tramway qui fonctionne aussi sur la terre palestinienne occupée. Les banlieusards sont invités à signer une carte, dans la brochure, et à l’envoyer au ministre des Transports de l’Etat de Victoria, Lynne Kosky.

Sur le même sujet et posté récemment, lire :
Connex, une entreprise française gère les services d'autobus vers des colonies israéliennes
par Adri Nieuwhof et Daniel Machover.

Voir les actions de boycott organisées par Capjpo-EuroPalestine :
- Chez le pharmacien : "TEVA, on n’en veut pas"
- Action Boycott Israël à Carrefour.
Source : Electronic Initifada
Traduction : MR pour ISM

PALESTINE - 28 MARS 2009 -

COMMEMORATION DE LA JOURNEE DE

LA TERRE


samedi 28 mars, départ à 14h,
Place du Chatelet à Paris

Le 30 mars 1976, les Palestiniens de 1948 organisent une grève générale dans toute la Galilée, le Triangle et le Naqab pour protester contre la décision du premier ministre (Yitshak Rabin) de confisquer 21 000 Dunums (1 Dunum = mille mètres carrés) en Galilée sous prétexte militaire. Des manifestations se déroulent dans toute la Palestine pour exiger la fin de la politique de confiscation de terres, de judaïsation et de colonisation. L’armée et la police sionistes tirent sur les manifestants. Six martyrs tombent ce jour-là en Galilée et dans le Triangle, 96 manifestant sont blessés et 300 arrêtés. Les villes et villages de Galilée sont déclarés zones militaires et plusieurs villages mis sous couvre-feu.

C’est depuis cette date que la Journée de la Terre, « Youm El Ard » symbole de la lutte des Palestiniens contre leur déracinement et l’expropriation de leur terre, est célébrée par l’ensemble du peuple occupé et en exil.

La journée du 30 mars 1976 a cette force de nous rappeler l'unité du peuple palestinien. Entre les Palestiniens restés sur leurs terres pendant les expulsions de 1947-48, ceux des territoires occupés en 1967 et les Palestiniens réfugiés hors de Palestine dans les camps de Jordanie, du Liban et ailleurs (6 millions) attendant le retour, une communauté de destin et une identité unique se sont affirmées.

Depuis 1947, le sionisme poursuit sa guerre de colonisation tous les jours sous des formes multiples en Palestine. La dernière guerre contre le peuple assiégé de Gaza en décembre 2008-janvier 2009 a laissé derrière elle 1 450 martyrs et plus de 5 000 blessés et mutilés. Soutenue par les Etats-Unis et l’Europe et une majorité d’Etats arabes, l’entité sioniste n’a pas réussi, au bout de 22 jours de bombardements intensifs par terre, ciel et mer, à briser l’unité du peuple palestinien et sa volonté de résistance.

Le Mouvement de soutien à la résistance du peuple palestinien (MSRPP) appelle à commémorer la Journée de la Terre à Paris ce samedi 28 mars sur la base des revendications suivantes :

- Fin de l’occupation et abolition du système colonial et raciste d’Israël
- Application du droit au retour de tous les réfugiés expulsés depuis 1948 sur leurs terres et dans leurs foyers d’origine
- Autodétermination du peuple palestinien
- Boycott des produits israéliens

MANIFESTATION
PLACE DU CHATELET
SAMEDI 28 MARS à 14 HEURES

Mouvement de Soutien à la Résistance du Peuple Palestinien (MSRPP)

Signataires : Association des Palestiniens en France, Groupe Franz Fanon Bagnolet, Ijtihad, Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie, ISM France, Résistance Palestine (Lyon),

Contact : msrpp_buro@yahoo.fr

Wednesday, March 25, 2009


Le rapport confidentiel de l´Union européenne sur Jérusalem-Est

NOUVELOBS.COM | 19.03.2009 | 13:42


Dans un rapport confidentiel daté du 15 décembre 2008, dont le Nouvel Observateur a obtenu une copie, l´Union européenne accuse le gouvernement israélien d´utiliser le développement de la colonisation, la construction du mur de séparation, la planification des voies de circulation, l´instauration du régime des permis de résidence et de déplacements imposés aux Palestiniens pour "poursuivre activement l´annexion illégale de Jérusalem-Est" .
Dû à l´initiative du consul général du Royaume-Uni à Jérusalem, ce document de 20 pages, illustré de plusieurs cartes, est le fruit des contributions des consuls généraux des pays de l´Union Européenne à Jérusalem et des chefs de leurs bureaux à Ramallah, siège de l´Autorité palestinienne.

L´intention de séparer Jérusalem-Est de la Cisjordanie

Après avoir rappelé que la politique de l´Union européenne, face à la question de Jerusalem est fondée sur la Résolution 242 des Nations-Unies, c'est-à-dire sur le caractère "inadmissible de l´acquisition de territoires par la force", le document constate que "la construction de colonies à Jerusalem-Est et autour de Jerusalem-Est continue à un rythme rapide, contrairement aux obligations d´Israël, au regard de la légalité internationale et de la Feuille de route, réaffirmées à Annapolis"." Sur un total de près de 470.000 colons dans les Territoires palestiniens occupés, poursuit le rapport, 190.000 (soit 40%) vivent dans Jerusalem-Est et 96.000 dans les colonies autour de Jérusalem, la majorité étant rassemblée dans de grands blocs de colonisation comme Givat Ze´ev, Etzion, et Ma´ale Adoumim". Le développement de la colonisation dans la vielle ville et autour de Jérusalem, la construction et le développement projeté des principaux blocs de colonisation existant, la mise en oeuvre du plan "E-1" reliant Jerusalem à Ma´ale Adoumim "indiquent une intention de séparer l´ensemble de Jérusalem-Est et les blocs de colonies qui l´entourent de la Cisjordanie" .

La barrière de séparation, future frontière de l´État d´Israël ?

Les infrastructures de transport, construites et projetées par Israël, comme la poursuite de la construction du mur de séparation contribuent également, selon le document, à saper les bases d´une future négociation. "86% du trajet de la barrière, y compris à Jerusalem-Est, constatent les auteurs du rapport, sont à l´intérieur de la ligne d´armistice de 1949 (la Ligne verte) en Cisjordanie. La barrière s´éloigne de la Ligne verte pour inclure 80 colonies, dont 12 à Jérusalem-est, où vivent 385.000 colons israéliens, du côté 'israélien' du mur". "Il n´est donc pas difficile de comprendre, poursuit le document, que nombre de Palestiniens redoutent de voir la barrière de séparation devenir la future frontière avec l´Etat d´Israël". Alors que, selon le rapport, 285.000 Palestiniens qui résident aujourd´hui entre le mur et la Ligne verte sont désormais coupés de la Cisjordanie, le franchissement des checks point et le régime des permis imposés aux Palestiniens a été durci. "Ces restrictions, écrivent les diplomates européens, soumettent la vie quotidienne des Palestiniens à des contraintes qui à leur tour, accroissent la frustration et nourrissent l´extrémisme".

La politique israélienne des faits accomplis affaiblit le soutien au processus de paix

Ajoutées à la colère provoquée par la politique israélienne de démolition des maisons palestiniennes à Jérusalem (400 depuis 2004), les mesures "discriminatoires" appliquées en matière de droit de résidence, la fermeture des principales institutions palestiniennes à Jérusalem, et les restrictions imposées par Israël à la liberté religieuse des Palestiniens chrétiens et musulmans relèvent, selon ce document d´une pratique des "faits accomplis sur le terrain" qui "sape la crédibilité de l´Autorité palestinienne et affaiblit le soutien populaire aux négociations de paix entre Israël et les Palestiniens" .
Destiné en principe au département des relations extérieures de l´Union européenne, c'est-à-dire aux services de Javier Solana, ce rapport demeure, trois mois après sa transmission à Bruxelles, un "document de travail confidentiel" au statut incertain.

Une "base de données" condamnée à la confidentialité

Certains États membres, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et l´Espagne, ne seraient pas hostiles à lui donner davantage de visibilité, surtout après le voyage de la secrétaire d´Etat américaine Hillary Clinton à Jérusalem, où elle a tenu aux dirigeants israéliens un discours au moins aussi critique, notamment sur la question de la colonisation et de la démolition des maisons à Jérusalem-Est.
Au Quai d´Orsay, les familiers du dossier confient qu´ils considèrent le document comme une "base de données" précieuse pour surveiller l´application de la Feuille de route, adoptée en 2003 par le "quartette" (Etats-Unis, Nations Unies, Union Européenne, Russie), et pour discuter à Bruxelles la politique de l´Union, sur le dossier israélo-palestinien, mais ils ajoutent que, faute de consensus, ce rapport est condamné à demeurer confidentiel.
En 2005, déjà, un rapport rédigé par les mêmes, et avec la même tonalité globale avait été enfoui dans un tiroir, à la demande de plusieurs pays dont l´Italie, avec l´assentiment de Javier Solana.

René Backmann


Tuesday, March 24, 2009


مقام التجلي
(شعر)
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يا العالم الممسوس بالأوهام والظن
عبثا تراودني عنّي
أنا المسكونة ...
أنا الممسوسة ...
أنا الموشومة...
بحرف الوصل
بحبل الأصل
بحد النصل
سنّ يفلّ السنّ بالسَّنّ
وحين تعبث
....بحصادي
....بأورادي
...بأسيادي
وتكشف الخبء عني...
ستجثتني في حفلة الموت
جثة روحها أنا
وريحها أنا
وراحها أنا
فأبعد نصلك عن نصلي
وأشح بسَنّك عنّي

انا آجلا أم عاجلا سأجتثني منّي
وأعلنها في ساح الفلاح :
يا قومي إن القوم قد أجمعوا
فخذوا حِذركم
وافتقوا خنادق الوهم
وارتقوا بكارات الخنا
فالخنوع أول التجني :
ثانيه رقصة الرقطاء
ثالثه التفافة الأسماء
فخذوها رابعة منّي :
يا قومي أنا الحقيقة....
فخذوا مسائلكم عنّي

أنا من الشريعة وإنّي
أنبثق من سِفر التكوين
من حزب البعث
من حرف البحث
يد مغلولة في سوارها...
ويد تكسر قيد التمنّي

أنا من الشريعة والشريعة منّي
وعندي لوح مقصود ...
وحرف منضود
يفلق الحب والنوى
ويفلق العين البراقة بالكوى
فانظر أيها الواهم انظر
ترى الحقيقة عينُ عيني

أنا زرعتُ في نبرة الواهمين
بؤرَ التغنّي
وجلوتُ الصوت قبل الفوْت
ورحتُ أرتّب مقامات الولاء
وجدتها مقامة تصك مقامة
في مركب النشاز
بعضه يشد البعض
في موكب الغيظ
كأنه جوقة الصم
تعزف معزوفة التدنّي...

فرحت أجترّ مقاماتي
تحفظني منهم
واحفظها عنّي
وسرّحت للمدى أصواتي
وبُحت في جوف الويل
عند تمام العاصفة والرَّبْعُ
غافل عن صلواتي
وصرخت في النائمين حولي :
لأيا قوم:
لكم فنُّكم
وليَ فنّي
*
*
* يا ظالمي

نزِقُ النازِلاتِ وفي الإنشطار مَعْلَمَة
كنتُني يوما كُنْهَ خلاياهُ
وكنتُ يومَ التردّي نَزْرا مِن بَقاياهُ
وكنتُ في الوطن حينَ ألقاهُ نصفٌ
ونِصْفي الثاني مَلْحَمة

يا النّائمُ بينَ صَمْتي وانْقيادي
بعضي قليلٌ والبعض بيْنَ...
السّالبات قهْرا والواشيات وِزْرا
تملكُ وحدَك سرَّ اصطِيادي
ومنكَ تصاريحُ ازديادي
وبيدكَ مفاتيحُ التّوْأمَة

حين قرأتُكَ سفرا
وكَتَبْتُك حِبْرا
زادَ أنيني
ووجعِي وحنيني
أو أكون فيك صِفْرا
وأنا الأرضُ العالمة ؟
أو أكون فيك صِفْرا
وأنا الأرض الحالمة ؟
كنتُك يا التاريخ قبْل أن تنْمو
وقبْل أن تَحْبو
وقبل أن تغدو بُرْعُما

يا التاريخ المسطر في الأَسفار
عبثا تواري خيوطك دِثاري
أتيتَنَي تحمِل جِبايَة السوْقِ
وتُحمّلُني جِناية الطّوْقِ
وتهددُني بأسْراري
وأنا الأصيلة
وأنا السليلة
من رحم الفضيلة
ولست من أحفاد العوْلَمَة

يا التاريخ المارق من بين أسيادي
أنا ما كنت يوما ضبابا
وما كنتُني بيْن الغيْم سحَابا
أنا الشمس........
فاخلع نعْلَيْك إنّك في الوادي
واضرب برجليك
هذا مغتسل طيب
فكفَّ أذاك عنّي
وردَّ عليّ المَظْلَمة

Um al-Fahem résiste, Um al-Fahem restera palestinienne
Cirepal (Centre d'Information sur la résistance en Palestine)
24 mars 2009

Pour la seconde fois en quelques mois, et suite à l'accord donné par la Cour Suprême de l'Etat sioniste, les colons terroristes tentent d''investir la ville palestinienne d'Um al-Fahem, ville située dans le Triangle et occupée en 1949.
La ville d'Um al-Fahem avait appelé à résister massivement contre cette nouvelle tentative. Les terroristes du groupe de Baruch Marzel, soutenus par 3000 membres de la police sioniste et des services sécuritaires, ont une nouvelle fois échoué.

Cette nouvelle tentative d'invasion vient après l'accord de la Cour Suprême (donc l'accord du pouvoir judiciaire israélien) et intervient dans un climat de plus en plus menaçant contre les Palestiniens de 48. Après les agressions des colons dans la ville de Akka, au mois de septembre 2008, les Palestiniens de 48 affrontent une nouvelle fois les colons pour protéger leur présence dans leur pays. La présence massive de la police et des services sécuritaires rappelle ce qui s'est passé en octobre 2000, lorsque sont tombés treize martyrs et rappelle également ce qui s'est passé il y a 33 ans, lors de la journée de la terre, le 30 mars 1976, lorsque sont tombés six martyrs.

La défense massive de la ville d'Um al-Fahem par la population contre l'invasion des colons et malgré le soutien de la police à ces derniers montre, une nouvelle fois, le haut degré de mobilisation des Palestiniens de 48, unie autour de leur direction politique, et en premier lieu, du sheikh Raed Salah, dirigeant du mouvement islamique.

La veille, sheikh Raed avait été arrêté à al-Quds, dans la tente de protestation, installée à Sheikh Jarrah, à la place de la maison détruite de Um Kamal. Il participait, avec d'autres personnalités politiques et associatives, à l'inauguration des festivités de la campagne "al-Quds, capitale de la culture arabe en 2009" que les autorités sionistes essaient d'interdire. Sheikh Raed Salah n'a été libéré que très tard, le soir. Et ce mardi, jour prévue de l'attaque sioniste contre Um al-Fahem, il était là, avec les autres personnalités de la ville et des responsables politiques palestiniens, pour défendre la ville.

Communiqué du Comité Populaire de Défense des Libertés
issu du haut comité de suivi des masses arabes

Une agression officielle et organisée contre Um al-Fahem et notre présence dans notre pays

Le comité populaire de défense des libertés, issu du haut comité de suivi des masses arabes, salue les masses d'Um al-Fahem et toutes les masses de notre peuple et tous ceux qui les ont soutenues dans l'affrontement héroïque et unifié à l'agression tripartite contre la ville, le mardi 24 mars 2009, initié par l'organisation terroriste juive dirigée par Baruch Marzel, sous la protection de la police d'Israël et du pouvoir judiciaire israélien.
Nos masses ont prouvé aujourd'hui, en défendant la ville d'Um al-Fahem, qu'elles sont capables de défendre leur présence, de protéger leur volonté et leur dignité nationale, et d'éloigner les agresseurs, quelle que soit la force de la répression qu'ils exercent, et de leur interdire l'entrée à Um al-Fahem.
La police d'Israël n'est pas venue à Um al-Fahem pour défendre la liberté d'expression mais pour soutenir une organisation terroriste, et nous affirmons, à ce propos, que toute tentative d'arracher notre légitimité dans notre patrie est une tentative officielle, partagée par l'unanimité sioniste. Il y a pas eu de message plus clair de la part de notre masse, disant que nous sommes debout dans notre patrie, nous le protègerons et protègerons notre présence, et nous ne permettrons à aucune organisation terroriste juive ni aux forces de la répression d'entamer notre volonté.

L'agression des forces de la sécurité israélienne à Um al-Fahem a adopté les critères de la guerre des rues et de l'occupation des villes, avec la participation de trois mille hommes, équipés collectivement et individuellement, avec l'imposation d'un siège sur Um al-Fahem, un plan de division de la ville en régions isolées les unes des autres, en vue de diviser la position unitaire. Les types de bombes de gaz étouffant et la quantité utilisée ne sont pas chose ordinaire, tout comme l'utilisation des bombes à secousses et les agressions contre les véhicules des médias, ainsi que les tirs sur les maisons à une distance de centaines de mètres à l'intérieur de la ville. Tout ceci confirme ce dont les dirigeants arabes avaient précédemment mis en garde, qu'il s'agit d'un scénario connu à l'avance, où la police et le pouvoir judiciaire nous accusent d'être responsables de tout ce qui se passe et des conséquences qui en découlent.
Le comité populaire de défense des libertés salue tout spécialement les détenus et les blessés du fait de la violence de la police, et exige la libération immédiate des détenus. Le comité populaire agira, en coopération avec la municipalité d'Um al-Fahem, des avocats arabes et des organisations légales, pour poursuivre la question des arrestations, tout comme il met en garde la police de procéder à d'autres arrestations dans la suite de son agression organisée et planifiée sur Um al-Fahem.
Une fois encore, nos masses ont prouvé combien elles sont capables de protéger leur existence et la solidité de leur volonté.

Ameer Makhoul
Président du comité populaire de défense des libertés


Monde - 24-03-2009

Crimes de guerre : « A présent, jugeons Tel Aviv »
Par Gilles Devers
Entretien de Michelangelo Cocco de il manifesto édition du mardi 10 mars 2009

Interview de Gilles Devers, représentant à La Haye de centaines d’ONG qui se sont constituées pour amener à la barre le gouvernement Olmert : processus nécessaire pour que les Etats comprennent que l’ordre mondial ne peut pas être fondé sur des crimes contre l’humanité. Pour le procureur de la Cour Pénale internationale Ocampo, l’enquête est possible, « il existe une possibilité que cela arrive ». C’est ce qu’a dit avant-hier (9 mars 2009, NdT) Luis Moreno-Ocampo sur la possibilité d’ouvrir auprès de la Cpi une enquête pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » à l’encontre d’Israël pour les massacres de Palestiniens perpétrés pendant l’opération « Plomb durci » à Gaza.


Il s’agirait d’une révolution car – selon Perfil, l’hebdomadaire de Buenos Aires qui a rapporté les déclarations de Ocampo- ce serait la première fois qu’un organisme international reconnaît l’Autorité palestinienne (Anp) comme « Etat indépendant ». « Nous sommes en train d’évaluer la question -a ajouté Ocampo- nous sommes dans une phase d’analyse ».

Nous avons parlé de la procédure avec Maître Devers qui était hier (10 mars 2009, NdT) à Rome pour l’initiative juridique de la société internationale soutenue en Italie par le Network degli Artisti italiani et lancée par la Rete dei Traduttori per la diversità linguistica Tlaxcala.


Maître Devers, pouvez-vous nous expliquer comment est née votre initiative ?

Il s’agit à l’origine d’une initiative militante, portée à ce jour par plus de 450 associations – européennes, africaines, moyen-orientales et sud-américaines- témoins de l’offensive « Plomb durci » contre la Bande de Gaza. Le 22 janvier nous avons déposé la plainte pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » auprès de la Cour Pénale Internationale (Cpi). Le même jour – élément très important de la procédure - l’Autorité palestinienne (Anp) a donné compétence à la Cpi. Si elle la lui avait refusée, seule une intervention du Conseil de Sécurité de l’Onu aurait pu obliger la Cpi à enquêter, comme cela a été le cas pour le Soudan. Une hypothèse non crédible dans notre cas, compte tenu des doubles standard qui ont cours devant le Conseil de Sécurité. C’est pour cette raison que les ONG ont décidé de se constituer témoin du crime. Puis l’Anp – avec un accord politique entre Hamas et Fatah- a reconnu l’autorité de la Cpi. Le procureur Ocampo a demandé des éclaircissements parmi lesquels celui de savoir « qui est l’Etat à Gaza ». A ce moment-là, il y a eu une seconde visite à La Haye, du ministre de la justice, et des affaires étrangères palestiniens, après une réunion de nombreux ambassadeurs de l’Anp pour réunir tous les éléments et montrer que l’Anp représente le peuple palestinien, et que si la Cpi envoie des enquêteurs à Gaza, ils seront bien accueillis.


Mais Israël n’est pas signataire du Traité de Rome qui a institué la Cpi en 1998 : ceci n’invalide-t-il pas la procédure ?

D’abord, la Cpi juge les hommes et non pas les Etats. Dans une démarche de droit pénal, elle recherche le criminel X, Y ou Z. Elle s’occupe avant tout des faits : il faut qualifier le fait, et ensuite aller le plus loin possible dans la recherche des auteurs. Commençons donc par le début : Où a été commis le crime ? A Gaza, et l’Autorité palestinienne a donné compétence à la CPI. Donc la Cour peut enquêter à Gaza. Il y a encore des points à examiner, pour assurer la démarche de la Cour, mais je crois que ce ne sont pas des problèmes insurmontables.


Pourquoi s’adresser à la Cpi et pas aux juridictions nationales, comme cela s’est produit dans le passé pour d’autres massacres à Gaza ?

Nous nous adresserons aussi aux juges des Etats nationaux. Au mois d’avril, nous allons déposer à Madrid un dossier pour un astrophysicien de la Nasa qui travaille aux Etats-Unis mais qui est originaire de Gaza, et y vit souvent avec sa famille. Tous les enfants de Gaza connaissaient sa maison, certains d’entre eux ont appris à observer les étoiles avec le télescope qu’il avait installé sur le toit. Or, sa maison a été bombardée par les F16. Elle a été entièrement détruite, et il a perdu un de ses enfants. Il y a beaucoup d’autres cas similaires. Nous formerons d’autres plaintes auprès d’autres cours, en fonction de la nationalité des victimes. Nous essaierons de présenter des plaintes dans les 47 pays du Conseil d’Europe qui dépendent de la Convention Ue sur les droits de l’homme.


L’ex-président de la Cpi Antonio Cassese a dit que la Cour « ne peut accomplir une action efficace qu’avec la collaboration des Etats » et que « la justice internationale doit être prudente et sage, sinon elle risque d’être considérée comme peu crédible ».

La coopération existe du moment que 110 états ont ratifié la Cpi. Susan Rice, la représentante de l’Administration étasunienne auprès de l’ONU, a déclaré dans son discours d’investiture, que la Cour est un outil digne d’estime. Nous utilisons la procédure prévue par le Traité de Rome et donc je ne vois pas de risques de miner la crédibilité de la Cour. Si la procédure devenait un obstacle à la paix – dans le cas où demain un accord politique et économique adviendrait- le Conseil de sécurité aurait le pouvoir de la suspendre pour une année (renouvelable). La justice doit suivre son cours afin qu’Israël et le monde entier comprennent que les crimes contre l’humanité doivent être exclus de l’ordre public international. C’est ne pas s’attaquer à cette réalité là qui minerait l’autorité de la Justice internationale.


Quels indices de « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » avez-vous recueillis ?

Avant tout faisons une distinction : les premiers sont des actes à but militaire, conduits dans précaution pour les populations civiles, les seconds sont des crimes de guerres systématisés où d’emblée des objectifs civils sont attaqués avec des moyens militaires. Par exemple, le premier jour de l’agression (le 27 décembre 2008, NDR) un ordre de bombardement, par 40 chasseurs bombardiers, a été donné à 11h30, l’heure à laquelle les enfants sortent de l’école. Celui qui a donné ces instructions savait qu’il allait tuer des enfants. De fait le premier jour il y a eu plus de 200 morts. De même, des dizaines d’habitants d’un quartier avaient été enfermés dans une école qui, le lendemain, a été bombardée : ceci est un crime contre l’humanité. Puis, l’emploi des munitions au phosphore blanc en plein jour et sur des zones densément peuplées, ce qui implique l’intention de brûler et mutiler le plus grand nombre possible de personnes. Et puis il y a aussi dans notre dossier une chose qui n’impressionne pas autant que le sang mais qui témoigne de l’intention criminelle : 30% des terres arables de Gaza ont été dévastés avec des bulldozers.


Pour éviter que l’armée ne soit salie par les procès le gouvernement Israélien a interdit aux militaires qui ont participé à « Plomb durci » de se faire interviewer et photographier. Comment alors les identifier ?

Il faut avant tout établir les faits, à travers les témoignages des victimes et les indices recueillis ; puis nous exercerons une forte pression sur Israël. Israël n’est pas un bloc monolithique, il y a des jeunes, des soldats, des journalistes qui pensent que ce qui a été fait à Gaza est abominable. Nous dirons à Israël : vous avez une conscience, aidez-nous à juger les criminels. En outre la Cour a des moyens de pression, des instruments pour enquêter et recueillir des témoignages. Et si l’enquête devait s’arrêter parce que les responsables matériels n’ont pas été trouvés, nous aurions déjà démontré qu’il y a eu des crimes. Après l’action pénale, viendra celle civile. Israël peut cacher ses officiers et ses ministres, mais pas lui-même.


Comment fait-on, dans le cas de votre procédure, pour éviter des accusations d’antisémitisme comme celles qui ont déjà été adressées à la Conférence de Durban II ?

L’action juridique doit être conduite avec des règles strictes. Pour ne pas tomber dans l’antisémitisme alors qu’on porte plainte contre Israël, il est nécessaire de mettre des preuves sur la table, de parler des faits. L’antisémitisme, c’est généraliser : Israël, les juifs. Cela n’a rien à voir avec notre démarche. Si on généralise, des malentendus peuvent émerger. Si on se réfère à la réalité judiciaire, le discours devient clair. Il faut en somme analyser les faits, ces faits d’une gravité exceptionnelle qui ont eu lieu à Gaza. Mais s’il n’accepte pas la confrontation, ce sera Israël qui prendrait le risque de lever le vent de l’antisémitisme, que de toute façon, nous combattons. Notre arme, c’est le droit humain.

Source : Il Manifesto
Traduction : Marie-Ange Patrizio